Ce week-end, j’ai couru le 83 km de Belle Île en Trail. Une petite course sympathique qui consiste principalement à faire le tour de Belle-Île-en-Mer, par le sentier côtier.

Arrivée sur l’île vers 15h le vendredi. Je pars tout de suite faire un petit footing de 30 minutes pour me dégourdir les jambes après le voyage. Récupération du dossard (298) puis préparation du sac et de la tenue. Un dîner à base de riz, sauce tomate et œufs durs. Au lit à 22h, le réveil sonne tôt le lendemain matin.

Préparation du matériel

3h30, le réveil sonne.

4h15, je me lève. Préparation et dégustation du porridge d’avant course (lait d’amande, flocons d’avoine, baies de goji).

5h45, direction le briefing d’avant course.

6h15, briefing « On va avoir du vent de secteur sud-ouest, mais la pluie n’arrivera que demain, donc on devrait avoir une belle journée »

6h45, tout le monde est sur la ligne de départ. Ça papote. Il faut bon, short/t-shirt de rigueur.

6h55, allumage des lampes frontales. Le speaker met l’ambiance.

Départ

7h00, c’est parti ! Le départ est sonné par la corne de brume et les coureurs passent entre les fumigènes.

7h02, coucou Maman 👋

7h03, on quitte le port par une jolie montée dans l’herbe et dans la nuit. Cette fois c’est vraiment parti.

Le peloton s’étire progressivement, avec quelques ralentissements dans les passages techniques. Je me cale à une allure qui me convient bien. Je vérifie sur la montre : 7,8 km/h. Parfait, c’est ce que j’estimais pour cette portion, la vitesse diminuera progressivement au fur et à mesure que la course avancera.

7h35, le jour commence à se lever. Je coupe la frontale. Le ciel est couvert mais pas menaçant.

9h15, premier ravitaillement à Locmaria, au kilomètre 18, 393ème position. Je suis super frais et je suis dans les temps que je me suis fixé. Je remplis ma gourde droite avec de la St Yorre (erreur, les bulles dans les flasques c’est vraiment pas terrible). Je tâte la gauche, elle est encore bien remplie. J’ai de quoi faire les 21 kilomètres qui me séparent de Bangor.

9h17, j’attrape quelques morceaux de banane, deux TUCs, et c’est reparti, direction Bangor.

Un beau paysage

Cette portion est une alternance de petites descentes et montées raides et techniques, de portions roulantes sur les épaules entre les criques, et de grandes lignes droites vers l’intérieur des terres. Je reste très à l’aise. Je me surprend parfois à des vitesses supérieures à 10 km/h (vitesses que j’avais du mal à tenir en footing il y a encore quelques mois). La vitesse moyenne se maintien, la météo se maintien, pas de douleurs, le moral est bon… on continue !

12h05, arrivée au ravitaillement de Bangor, 358ème position. Coucou Maman 👋

J’avale deux Pom’potes. Je prend une nouvelle flasque d’Hydrixir, je recharge les deux pâtes de fruits, deux pâtes d’amande et le gel que j’ai consommé jusque là. Deux verres de coca, quelques morceaux de banane et deux TUCs, et c’est reparti !

Bangor

12h06, il commence à tomber quelques goutes.

12h07, il pleut.

12h08, à la sortie d’un petit bois, une grosse rafale de vent. Ok, ca semble sérieux, j’enfile la veste. Je met un peu de musique pour entrer dans ma bulle et rester concentré.

32 kilomètres à parcourir avant le prochain ravitaillement à Sauzon. Je prévois d’y être à 16h15. Dans un premier temps une belle alternance de montées et descentes raides et d’épaules roulantes sur lesquelles le vent souffle abondamment, puis des grandes lignes droites à l’intérieur des terres après Port-Cotton. Mon genoux droit lance quelques signaux d’alerte, j’essaye d’y faire attention dans les descentes raides.

14h01, arrivée à Anterre où l’organisation a prévu un point d’eau. Je bois un bon coup, je recharge les flasques, échange quelques mots avec le bénévole qui distribue l’eau et c’est reparti. Je suis surpris par le rythme toujours constant que j’arrive à tenir.

Depuis Anterre, il faut remonter jusqu’à la Pointe des Poulains (le cap Nord de l’île), avec des longues portions roulantes, puis redescendre sur Sauzon, où le parcours redevient très cassant jusqu’à l’arrivée, avec une succession interminable de petites criques.

Je maintiens le rythme sans trop de difficultés jusqu’à la Pointe des Poulains. Quand on bascule vers l’autre rive, le changement de terrain me ramène rapidement à la réalité. Ma vitesse moyenne chute et les 3 kilomètres jusqu’à Sauzon sont interminables. Je commence à avoir des difficultés à courir et le genoux qui montrait des signaux d’alerte 30 kilomètres plus tôt n’en et plus au stade des signaux.

16h14, arrivée au ravitaillement sur le port de Sauzon, 292ème position. Coucou Maman 👋

J’avale mes deux Pom’potes appuyé sur une grille. C’est dur. Une nouvelle flasque d’Hydrixir, je recharge les pâtes de fruit et la Cliff consommés sur le dernier tronçon. La pluie s’est arrêtée et cette rive est moins exposée au vent, je retire la veste et la remet dans le sac.

Sauzon, dur !

Deux verres de coca, une demi banane, deux TUC, et c’est reparti jusqu’à l’arrivée.

La reprise est dure. Du mal à courir, le genoux fait de plus en plus mal et chaque rupture de pente me fait souffrir. 13 kilomètres, c’est encore long. Je me cale sur un rythme de marche rapide en me disant que ça ira peut-être mieux par la suite.

Ça ne s’améliore pas par la suite, mais je me force quand même à courir sur quelques tronçons roulants, pour ne pas trop perdre le rythme.

J’arrive à la citadelle de Palais, le parcours traverse le fort et descend sur le port. J’arrive à dérouler et courir un peu en serrant les dents. Une belle remontée vers les hauts de la ville avant de descendre sur la ligne d’arrivée.

18h43, la dernière ligne droite en descente est très douloureuse avec mon genoux droit, mais je me concentre et j’arrive à passer la ligne en courant (pas avec le sourire).

Enfin l'arrivée

11 heures, 43 minutes et 28 secondes

323ème sur 467 finishers

Petit bilan :

Malgré mon explosion au vol un peu avant Sauzon, je suis très content de ma course. Je ne m’imaginais pas capable de tenir ce rythme (et avec cette facilité) pendant aussi longtemps. Les 38 premiers kilomètres n’étaient que du plaisir. Les 25 suivants entre Bangor et la Pointe des Poulains ont été rendus difficiles par le mauvais temps, mais les sensations étaient là. Pour la suite, j’ai au moins réussi à ne pas m’écrouler complètement et à faire bonne figure dans les 2 kilomètres avant l’arrivée. C’est ma meilleur performance en course (cette place me met dans les 2/3 du peloton, alors que mes classements habituels sont dans les 10% du fond) et ça fait suite à une grosse préparation pendant l’été et depuis le début de l’année. Merci à Christophe pour le coaching.

Merci aussi à Maman pour m’avoir accompagné sur l’île et assisté aux ravitaillements (on sous estime le bien que ça fait de voir un visage familiers dans les moments difficile).